La province Sud au galop pour les courses hippiques

À 48 h de la Casinos Coupe Clarke, Pascal Vittori, deuxième vice-président de la province Sud, a dressé un bilan des actions menées par l’institution en faveur des courses de chevaux. Le soutien financier de la Province et l’arrivée prévue du PMU sur le Territoire éclaircissent l’horizon du monde hippique.

Après des années de crise, la province Sud a repris les rênes. Déjà, dès 2005 et 2006, elle était intervenue à hauteur de 15,7 millions pour sauver la saison hippique durement frappée par le retrait réglementaire des parraineurs de marques de cigarettes et d’alcool.  Les cinq sociétés de course et les éleveurs se trouvaient dans le rouge et n’ont survécu que grâce aux subventions et parrainages.
Pour autant, il est apparu que ces mesures, reconduites jusqu’à cette saison, devaient être renforcées et complétées. Une nouvelle enquête de la province Sud,  menée en 2011, a en effet  révélé la dégradation et l’inquiétude du monde hippique. Elevages non ou peu rentables, écuries de courses en grandes difficultés, sociétés organisatrices dépendantes du bénévolat et des subventions, coûts importants des tests antidopages… Ces symptômes ont été confirmés fin 2011 lors d’une tournée chez les éleveurs menée par Pascal Vittori, deuxième vice-président de la Province, chargé de l’agriculture. « J’ai constaté un état de découragement important chez les acteurs de la filière. Ils se plaignaient de perdre de l’argent, de l’organisation de courses, du contrôle antidopage et de la sécurité sur les hippodromes. Ils menaçaient de ne plus courir » souligne l’élu.

Les mesures phares:

  • Un code des courses validées par France Galop
  • Renforcement des contrôles antidopages
  • Un plan de formation pour les différents acteurs des courses
  • Obtention d’un formateur au moins pour une période d’un mois et demi
  • Continuité de la convention qui lie la FNCF et la FSCH-NC
  • Une nouvelle convention triennale de parrainage, pour la période 2013 – 2015, entre la province Sud et les sociétés de course
  • Revalorisation des dotations de courses allouées par la Province pour ses grands prix
  • Installation du PMU en Nouvelle-Calédonie pour 2014

Mission en Métropole
Une première réponse est apportée avec le changement des lices (barrière de sécurité) des hippodromes de Boulouparis et Bourail. Cette même opération est en cours à La Foa. Avec cet investissement de 4 millions par hippodrome, la saison est sauvée, mais le fond du malaise demeure.
Début 2012, Pascal Vittori conduit une mission en Métropole auprès de la Fédération nationale et de France Galop. Accompagné de Nicole Andréa-Song, présidente de la commission du Développement Rural de la province Sud, et de représentants de FSCH-NC mandatés par Jean-Pierre Taïeb Aïfa, il renoue des contacts et des relations de confiance avec les autorités nationales des courses françaises.

Accueil favorable
La mission est un succès. Le deuxième vice-président de la Province souligne la volonté des autorités de la Nouvelle-Calédonie d’accompagner le développement des courses hippiques. Il précise la nécessité d’appliquer un code des courses validées par France Galop, l’intérêt de renforcer le contrôle antidopage, et de bénéficier d’un plan de formation pour les différents acteurs des courses. La volonté d’obtenir un formateur au moins pour une période d’un mois et demi et la continuité de la convention qui lie la FNCF (Fédération Nationale des Courses Françaises) et la FSCH-NC (Fédération deds Sociétés de Courses Hippiques de Nouvelle-Calédonie)  sont réaffirmées. Pascal Vittori souhaite que cette convention fasse l’objet d’une mise à jour avec un engagement sur les cinq prochaines années.
L’ensemble de ces points a reçu un accueil favorable de la Fédération nationale qui enverra ce mois d’août une mission sur le Territoire. Elle sera chargée de différentes formations et rencontrera l’ensemble des partenaires calédoniens. Il sera évoqué la refonte du code des courses, l’amélioration des contrôles antidopage, le développement du trot, l’amélioration de la quarantaine pour l’accès des chevaux en Australie. On parlera aussi, et peut-être, surtout, de la mise en place de logiciels de gestion et de l’implantation de la chaine de télévision Equidia.
Le salut PMU
Car le salut des courses hippiques peut aussi venir des nouvelles technologies de communication comme la fibre optique et la 3G. Grâce à elles, l’implantation du PMU en Nouvelle-Calédonie n’est plus un vieux rêve. Pascal Vittori et sa délégation l’ont souligné en début d’année, à Paris. « Le décalage horaire n’est plus un frein à la commercialisation des produits du PMU » a répondu le pari mutuel.
Cette bonne nouvelle, bien que soumise à des réglages d’ordre juridiques et fiscales, pourrait se concrétiser pour la saison 2014. Avec les PMU, les turfistes locaux pourront parier non seulement sur les courses calédoniennes mais aussi sur celles d’Australie, d’Asie et de Métropole. Un réseau de points PMU pourrait se développer dans les commerces  de Nouméa et de Brousse. Et surtout, les hippodromes verraient leur affluence retrouvée.
Au total, certaines études estiment entre 70 et 80 millions de francs les retombées de cette installation sur le Territoire, les bénéfices revenant à la Nouvelle-Calédonie. Le monde hippique trouverait ainsi une manne financière pour se développer en complément des aides institutionnelles. La province Sud a d’ores et déjà prévu de négocier avec les sociétés de course une nouvelle convention triennale de parrainage, pour la période 2013 – 2015. Les dotations de courses allouées par la Province pour ses grands prix seront revalorisées.

Le rodéo n’est pas oublié

La Province-Sud et particulièrement la direction du Développement Rural (DDR) a été très active dans l’aide apportée à la Fédération de Rodéo dans sa recherche d’une assurance. Un assureur a été trouvé et le président de la fédération est en cours de rédaction du dossier. Cette assurance permettra aux rodéomen d’être couvert pour se produire dans toutes les foires qui le souhaiteront. Un championnat de Nouvelle-Calédonie de rodéo va pouvoir être organisé. La Province va également tenter, avec l’aide de la direction de la Jeunesse et des Sports (DJS), de créer en Nouvelle-Calédonie une fédération nationale de rodéo. Ce qui règlera définitivement le problème d’assurance.
A noter enfin que le dossier de pôle hippique est ressorti des placards. Il est à nouveau à l’étude pour l’éventuelle installation à Port Laguerre d’un centre d’entraînement et d’une pension pour chevaux durant la saison hippique.

Texte: Frédéric Huillet
Photos: Fabrice Wenger

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *